Docteur oliver may
Docteur Nicolas Krantz
Docteur Jerôme Essig

Resurfaçage de la hanche 14/04/2015

Principes

Le resurfaçage de hanche consiste en un remplacement de l’articulation pour les sujets jeunes et actifs. Le principe est différent d’une prothèse totale de hanche puisque la tête fémorale est conservée et travaillée pour recevoir une cupule prothétique. Au niveau du bassin, le cotyle est souvent moins creusé que dans une prothèse totale de hanche car les cupules de resurfaçage ne sont pas des demi-sphères (180°) mais des demi-sphères le plus souvent tronquées (160-170°).

Un peu d'histoire

Dès le début des années 80 les chirurgiens avaient bien compris les avantages du resurfaçage de hanche. Cette technique a largement été diffusée notamment en France. Mais cette première génération d'implant a présenté un taux d'échec précoce trop important. Ces échecs étaient liés aux matériaux, l'ancrage et au couple de frottement utilisé. Dans les années 90 les progrès tribologiques en particulier sur le couple métal-métal, ont permis de réduire l'épaisseur des cotyles prothétiques tout en gardant un ancrage osseux fiable. Il était donc possible d'accueillir des grands diamètres de têtes fémorales prothétiques, assez larges pour conserver la tête du patient. Ces implants de resurfaçage de deuxième génération permettent d’associer l’avantage des têtes prothétiques de gros diamètre et une préservation osseuse fémorale.

Avantages

Le resurfaçage présente ainsi des avantages multiples par rapport à une prothèse standard. Tout d’abord en cas de reprise chirurgicale, ce qui doit toujours être envisagé lors de la mise en place d'un implant, le stock osseux est préservé. Le plus souvent lors d’une reprise d’une prothèse de resurfaçage, l’opérateur se retrouve dans les conditions d’une prothèse primaire au niveau fémoral.
Il semble également qu’il y ait un bénéfice clinique à garder la tête fémorale qui permet une meilleur élasticité du fémur mais également une meilleur proprioception (récepteur intra osseux). Ainsi, le resurfaçage de hanche permet au patient une meilleure récupération clinique et un retour au sport à un plus haut niveau qu'avec une prothèse standard.
Le resurfaçage permet le respect de l’anatomie du patient de manière très fiable ce qui n’est pas le cas pour une prothèse totale. Ainsi le bras de levier fémoral (offset) est quasi-identique après un resurfaçage, de même il n’y a pas de problème lié à une éventuelle inégalité de longueur des membres inférieurs induite. A contrario si on cherche à corriger une inégalité de longueur symptomatique, le resurfaçage n’est pas recommandé.
Le grand diamètre de la tête prothétique réduit de façon importante le taux de luxation. L’absence de pénétration du canal fémoral rend les implants de resurfaçage particulièrement indiqués en cas de déformation fémorale post-traumatique ou postchirurgicale.

Tout le monde peut-il avoir un resurfaçage de la hanche ?

Cette technique ne peut être proposé à tout âge car la faisabilité dépend de la qualité osseuse de la tête fémorale, qui peut varier selon beaucoup de paramètres (poids, âge, ostéoporose, kystes, nécrose…). Les données actuelles incitent à utiliser cette technique chez l'homme de moins de 50 ans. En effet des séries récentes montrent que la femme présente plus de réaction aux débris libérés par les composants et un risque d'ostéoporose accru par rapport à l'homme. La tête fémorale doit avoir un volume d'os (taille) suffisant pour recevoir l'implant -diamètre 48 minimum.

Cette technique oblige d’utiliser un couple métal/métal qui dans de rares cas n’est pas recommandé (femme enceinte, allergie, insuffisance rénale sévère).

Enfin, il s'agit d'une technique rigoureuse et difficile. La qualité du résultat et surtout la longévité de l'implant dépendent probablement plus du chirurgien et de son expérience de la technique que pour une prothèse standard.

En conclusion

Le resurfaçage est donc particulièrement indiqué chez les patients actifs désirant reprendre une activité sportive, mais aussi chez des patients avec une déformation de l’extrémité supérieure du fémur. Il faut privilégier le resurfaçage chez les hommes les plus jeunes (moins de 50 ans). Si les indications sont respectés, il semblerait que ces implants aient une longévité comparable aux prothèse au moins pendant les 10 premières années. Une validation des résultats à plus long terme est nécessaire, mais le respect du capital osseux fémoral, obtenu d’emblée, n’a pas besoin de la validation du temps.

Pour en savoir plus

- «CEMENT PENETRATION IN HIP RESURFACING: FEMORAL COMPONENT DESIGN AND CEMENTATION TECHNIQUE» 2008 Aufranc Award, Hip Society Paul E. Beaulé; Wadih Y. Matar; Philippe Poitras, Kevin Smit, Olivier May. Clin Orthop Relat Res. 2009 Jan;467(1):8. 4-93.

- «Les arthroplasties de hanche aujourd’hui : principaux matériaux, voies d’abord» Henri Migaud, Julien Girard, Olivier May, Marc Soenen, Yannick Pinoit, Philippe Laffargue, Gilles Pasquier. Revue du Rhumatisme 76 (2009) 367–373